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 Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox

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Robby 2013
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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Jeu 22 Aoû - 12:44

Bravo pour les photos de l'acteur qui incarna le rôle de Robby ! de bien étonnantes images dans son costume,
il a l'air bien sympathique ce Frankie Darro.
Robby, le robot fit une apparition dans un épisode de la famille Adams il me semble ?

PS : C'est gentil de faire mon éloge en attendant !!!
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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Jeu 22 Aoû - 14:00

Robby 2013 a écrit:
Bravo pour les photos de l'acteur qui incarna le rôle de Robby ! de bien étonnantes images dans son costume,
il a l'air bien sympathique ce Frankie Darro.
Robby, le robot fit une apparition dans un épisode de la famille Adams il me semble ?


Oui effectivement Robby, dans l'épisode 27 de la Saison 2 portant le titre : "Lurch's Little Helper"
( Lurch se rend utile ) de 1965-1966 et c'est d'ailleurs de là que vient l'image de ton avatar.

Gomez met au point un robot-majordome pour aider dans la maison. Cela inquiète Lurch qui craint de perdre son boulot...
voici quelques images de l'épisode en question.

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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Ven 23 Aoû - 9:26

Bravo Roswell, magnifique trouvailles !!! Voici Robby dans un épisode de "COLUMBO"  

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Épisode 6 de la Saison 2 : Au-delà de la folie (Mind Over Mayhem)

Titre original : Mind over Mayhem
Numéro(s) : 23 (3.6)
Scénariste(s) : Scénario télévision : Steven Bochco & Dean Hargrove & Roland Kibbee ; histoire : Robert Specht
Réalisateur(s) : Alf Kjellin
Diffusion(s) : Drapeau des États-Unis États-Unis : NBC, 10 février 1974
Drapeau de la France France : TF1, 22 mai 1975

Invité(es) : José Ferrer (Dr. Marshall Cahill), Jessica Walter (Margaret Nichols), Lew Ayres (Prof. Howard Nichols), Robert Walker Jr. (Neil Cahill), Lee Montgomery (Steve Spelberg), Lou Wagner (Ross), Arthur Batanides (Murph), Dennis Robertson (Reporter), Ed Fury (Plainclothes Man), William Bryant (Fields), Bert Holland (Whitehead), Darrell Zwerling (Responsable du motel), John Zaremba (Coroner), Jefferson Kibbee (Jeff), Deidre Hall (réceptionniste), Charles Macaulay (Farnsworth), William Christopher (scientifique), Dianne Turley (scientifique)

Résumé : Dans un institut de recherches scientifiques, un chercheur, le Pr Nichols, vient prévenir le Dr. Marshal Cahill que son fils, qui est sur le point de recevoir un prix pour ses recherches en chimie, a en fait volé les travaux du feu Dr. Finch. Le père outragé décide d'éliminer l'importun. Ce soir là, Le Dr Cahill mène, depuis la salle de l'ordinateur, des exercices de tactiques militaires en pilotant une simulation qui se déroule dans la salle de guerre. Il a programmé un robot pour piloter la simulation à sa place, et il va tuer le Pr. Nichols pendant que tout le monde le croit aux commandes de l'ordinateur. Des indices incohérents laissés sur place mènent Columbo à penser que la scène du crime est maquillée. Petit à petit, il découvre les éléments de l'affaire, y compris que le robot peut manipuler l'ordinateur, détruisant l'alibi de Cahill.

Commentaire : Le robot utilisé est le même que celui du film Planète interdite (Forbidden Planet, 1956) : Robby le robot. Dans l'épisode, il est manipulé par un enfant surdoué, Steve Spelberg, dont le nom vient de Steven Spielberg, qui avait dirigé l'épisode 3 (1-1) Le Livre témoin (Murder by the Book), mais qui n'était pas encore célèbre à l'époque.



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The Shadow
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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Ven 23 Aoû - 10:28

Robby, le robot dans un épisode de Colombo, je l'avais oublié complétement celui-là !!!  
Une autre superbe image MGM de PLANETE INTERDITE.


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Robby 2013
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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Dim 25 Aoû - 8:39

Merci de ces précieuses infos et photos ! Celles de l'épisode de "La famille Adams"
sont vraiment superbes, merci pour les images de références à "Robby" Roswell ! Wk
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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Jeu 5 Déc - 7:16

FORBIDDEN PLANET ( FLASHBACK )
La science-fiction des années 50 !


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La science-fiction des années 50 est un genre quelque peu boudé, trop souvent oublié au profit de grandes œuvres du genre des années 60/70. Souffrant d’une image ringardisée à souhait qu’on lui attribue souvent à tort, la science-fiction de l’époque classique d’Hollywood (à laquelle Joe Dante rendait hommage dans le très bon Panic at Florida Beach) a largement plus d’une perle à offrir, citons ne serait-ce que Le jour où la terre s’arrêta, L’homme qui rétrécit ou encore le film qui nous intéresse présentement : Planète interdite. Nous tenons là une œuvre assez remarquable qui offre, sous son enveloppe plaisante d’un film de genre des années 50, un fond moderne au possible qui a fini par influencer presque toute œuvre de science-fiction se déroulant dans l’espace.

D’emblée, le film s’ouvre sur quelque chose nous étant familier : un générique apposé sur un lent panoramique de l’espace, vide, pendant lequel se fait entendre une musique expérimentale électronique aux allures de sound design. Outre le fait que ce soit surtout la première utilisation de musique électronique au cinéma (ou du moins dans le cinéma américain), nous sommes tout simplement en présence d’une introduction qui préfigure totalement Alien de Ridley Scott, sorti plus de 20 ans plus tard. Tous les éléments sont là : le générique, le panoramique sur l’espace et surtout la musique qui rappelle bien entendu la composition d’inspiration expérimentale de Jerry Goldsmith. Il est alors impossible de ne pas voir, dès le début du film, les racines d’une œuvre majeure de la science-fiction.

Pour MGM, le producteur du film, Planète interdite était l’occasion de passer à la vitesse supérieure dans le genre du space-opera, dont la majeure partie de la production étaient des séries B (attention, ça n’est pas péjoratif pour autant, certaines étant très bonnes). Production d’une certaine envergure (sans que ce soit Ben-Hur pour autant), Planète interdite se targue d’un visuel assez bluffant. Alors oui, évidemment, c’est un film tourné en studio, ça n’est pas invisible, oui, les costumes font typiquement SF des années 50, mais qu’importe. Le film est artistiquement assez riche et intéressant pour ne pas se borner à ces considérations. La réalisation assez soignée permet également de sublimer des effets spéciaux tout bonnement géniaux, comme de superbes matte paintings (grossièrement, les arrière-plans « dessinés »), un recours à l’animation étonnant de fluidité et de modernité signé Joshua Meador, alors grand talent de l’animation chez Walt Disney Pictures ou encore des maquettes démentes, comme celle d’un complexe énergétique de plusieurs dizaines de kilomètres de profondeur. Impressionnant.



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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Ven 6 Déc - 3:58

Pour faire suite à ce développement EBE, et à contrario de films « à effets spéciaux » comme Le 7ème voyage de Sinbad ou Jason et les Argonautes, Planète interdite emploie tout son savoir-faire technique au service du fond, ce qui est inattendu dans FORBIDDEN-PLANET dans la mesure où on s’attend plutôt à un « simple » mais très bon film d’aventures spatiales. Outre quelques originalités (notamment le fait que ce soit les Terriens qui voyagent en soucoupe volante et non des extra-terrestres), le film de Fred M. Wilcox, comme bien des films de science-fiction de l’époque, s’inscrit complètement dans le contexte de la guerre froide : celui de la menace nucléaire, celui de la course à la technologie. Ces thèmes se répercutent dans le film mettant notamment en scène une envie immodérée de maitriser le savoir surpuissant d’une civilisation perdue. Planète interdite développe une conception de la force maléfique originale et fascinante dans un final terrifiant. Le film se voit habilement rythmé malgré quelques séquences trainant un peu en longueur à cause de dialogues techniques ou sentimentaux pas toujours palpitants. Il est tout de même assez important de relever que le film fait un effort pour être un minimum crédible dans son approche de la science-fiction.

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Ainsi, tous les éléments mis en scène se répercutent dans les œuvres de science-fiction à venir : Alien (comme précisé plus haut), qui d’ailleurs met en scène aussi une planète interdite, Prometheus, Star Wars ou encore Star Trek. On retient aussi de Planète interdite un personnage culte : le fameux Robby le robot. Hérité d’Isaac Asimov, préfigurant les droïdes de protocole de Star Wars type C3PO (même si tonton George ne l’admet pas aisément), il insuffle au film une réelle personnalité : Robby est l’incarnation de toute une ère de la science-fiction. On ne manquera pas d’ailleurs de le retrouver dans plein d’autres œuvres, parfois dans des apparitions, d’autres fois dans des rôles à part entière. Idem pour le docteur Morbius, figure intellectuelle mais inquiétante du film qui rattrape le reste du casting assez peu concerné par les évènements (à noter d’ailleurs Leslie « Y a-t-il un flic… ? » Nielsen dans le rôle principal, ce qui est tout de même sympathique).

S’il y a un film par lequel commencer pour découvrir la science-fiction classique américaine des années 50, c’est bien celui-ci. Prenant, parfois drôle mais surtout intelligent, Planète interdite est un réel plaisir de cinéphile, une œuvre majeure du cinéma américain.



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Robby 2013
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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Lun 13 Juil - 1:57

Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox
Note de production

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Arthur Lonergan, véritable créateur des décors de Planète Interdite avec l’équipe d’Edwin B. Willis, imagine un monde qui n’existe pas, un futur inédit qui peut apparaître kitsch à présent : la maison du Docteur Morbius, avec ses murs de verre et ses boucliers d’acier, les ouvertures triangulaires sur Altair 4 peintes sur un cyclorama, le laboratoire, et l’impressionnant complexe souterrain des Krells avec ses 7800 étages dans lesquels circulent nos personnages rendus minuscules à l’écran. La qualité des effets spéciaux, couronnée par une nomination à l’Oscar, reste surprenante pour l’époque.

Un film Shakespearien

Le champ électrique protégeant le vaisseau, les tirs de désintégrateurs, la déformation des portes métalliques du complexe souterrain des Krells sont autant d’exemples qui frappent le spectateur de Planète Interdite. Les déplacements et l’atterrissage du vaisseau sont annonciateurs de la série « Les Envahisseurs ». Le monstre, que les spectateurs de l’époque peuvent visualiser grâce à des lunettes au verre teinté, est animé par les studios Disney et prend les traits caractéristiques du lion symbole de la MGM.

Planète Interdite, une histoire originale proposée par deux auteurs Irvin Block et Allen Adler au producteur Nicholas Nayfack sous le premier titre de « Fatal planet », vient rompre avec une tradition du cinéma fantastique hollywoodien qui a longtemps adapté la littérature ou des récits fantastiques. Citons entre autres : Dracula (1931 de Tod Browning d’après Bram Stoker), Frankenstein (1931 de James Whale d’après Mary Shelley), L’homme invisible (1933 de James Whale d’après H.G. Wells, Docteur Jekyll et Mister Hyde (1942 de Victor Fleming d’après Robert Louis Stevenson), Le Portrait de Dorian Gray (1945 d’Albert Lewin d’après Oscar Wilde), La Guerre des mondes (1953 de Byron Haskin d’après H.G. Wells), ou Le météore de la nuit (1953 de Jack Arnold d’après Ray Bradbury).

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Si il ne s’agit pas d’un adaptation littéraire, il n’en reste pas moins que Planète Interdite peut être vu comme une transposition de La Tempête de Shakespeare. Irvin Block (scénariste et responsable des effets spéciaux sur des films à petit budget) un des deux auteurs à l’origine de Planète Interdite, n’a en effet jamais caché que La Tempête était sa pièce préférée de Shakespeare. L’écriture du scénario fut ensuite confiée à Cyril Hume (auteur de la MGM depuis les années trente avec toute la série des Aventures de Tarzan). Ainsi le personnage shakespearien de Prospero devient ici le Docteur Morbius, Miranda devient Altaïra, Caliban devient le monstre invisible qui attaque le vaisseau et son équipage, Ariel devient Robby le Robot, et les nobles italiens sur une île deviennent un équipage en expédition sur une étrange planète interdite.

Un film précurseur sur la scène électro !

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Le couple Louis et Bebe Barron, est célèbre pour avoir composé la musique du long métrage, Planète Interdite de Fred McLeod Wilcox, mais également pour leur contribution au développement de la musique électronique aux USA. En 1949, ils fondent leur propre studio de musique électro-acoustique dans leur appartement de New York. Ils débutent alors toutes sortes d'expérimentations de musique concrète, à l'aide de bandes magnétiques. Ils s'orientent
également vers des tonalités purement électroniques grâce à des instruments de leur fabrication : générateurs de fréquences et oscillateurs.

En 1953, John Cage utilise leur studio pour réaliser sa première oeuvre pour bande magnétique : William Mix. Le studio accueillera un collectif de compositeurs expérimentaux pour travailler sur des projets de musique électronique aux côtés de John Cage : le Project of Music for Magnetic Tape composé de Morton Feldman, Earle Brown et David Tudor. Les époux Barron sont très influencés par Norbert Weiner et son travail sur la cybernétique, l'étude des mécanismes de communication et de contrôle chez les animaux, chez les hommes et dans les machines. Tout cela se ressent dans le film Planète Interdite de 1956 : les bruitages électroniques, composés en seulement trois mois décrivent parfaitement les émotions de Robby le robot, les effets spéciaux (pistolets à Laser ou neutrons) ou le mouvement du vaisseau spatial.

Planète interdite est le premier film à utiliser des sources électroniques dans la totalité de sa bande originale (les mêmes sons électroniques seront d’ailleurs réutilisées pour De la terre à la lune de Byron Haskin en 1958). Tous ces effets spéciaux restent près d'un demi siècle plus tard comme pionniers dans l'univers des films de science-fiction. Avec ce film, la musique électronique rencontre la culture populaire, elle crée et développe le mystère, l'excitation, l'espoir, la fascination, une vision idéale du futur.


Comme au Cinema.com

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Jarod 2
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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Ven 17 Juil - 9:08

Planète interdite de Fred McLeod Wilcox

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Affiche américaine de Planète interdite (1956)

La science-fiction était cantonnée aux États-Unis dans les petits budgets de la série B avant que la MGM ne décide de produire Planète interdite en 1956. Le studio accorde au film des moyens importants, et Planète interdite sera tourné en couleur et en cinémascope, ce qui est très rare à l’époque pour le genre. De manière étrange, le scénario est une adaptation libre de « La Tempête » de William Shakespeare, sans que cela soit mentionné au générique.

La mise en scène est confiée à un honnête tâcheron, Fred McLeod Wilcox, mais les responsables des effets spéciaux accomplissent des prodiges et créent des images spectaculaires dont la beauté est encore capable d’enchanter les spectateurs blasés d’aujourd’hui. Le film est également très novateur sur le plan sonore, puisque c’est la première fois qu’une bande originale est entièrement composé par ordinateur, élaborée en trois mois par un couple de musiciens, Louis et Bebe Barron. Au-delà de la réussite esthétique du film, le scénario de Planète interdite témoigne d’une véritable nouveauté. Le film développe des idées originales qui ne doivent rien à Shakespeare, comme celle d’un monstre né du subconscient d’une race éteinte. Sous son apparente naïveté, le film illustre des thèmes et des inventions de la science-fiction moderne, qui seront traités plus tard en littérature et au cinéma par des auteurs aussi différents que David Cronenberg dans Chromosome 3 ou Andreï Tarkovski dans Solaris, space opéra visionnaire adapté du roman de Stanislaw Lem.

Planète interdite doit une grande partie de sa célébrité au personnage de Robby le robot, l’assistant du docteur Morbius, super intelligent, pacifique et programmé au service de l’homme. Robby, ancêtre des cyborgs de La Guerre des étoiles, reprendra du service dans un autre film tourné dans la foulée de Planète interdite, The Invisible Boy, et fera des apparitions en forme de clin d’œil beaucoup plus tard, dans des films de Joe Dante.

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Au milieu de ces décors insolites et ces trucages poétiques, les acteurs font un peu pâle figure. Walter Pidgeon qui interprète le professeur Morbius, est la seule star du film. On a pu apprécier cet acteur à la riche carrière dans des classiques signés John Ford, Vincente Minnelli ou Fritz Lang. Les autres comédiens sont des débutants, parmi lesquels Leslie Nielsen, qui accédera à la célébrité dans les années 80 grâce à ses rôles comiques dans Y a-t-il un pilote dans l’avion ? et Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? et ses suites.

Planète interdite demeure un des plus beaux fleurons du space opéra, qui désigne une sous-catégorie littéraire et cinématographique de la science-fiction, consacrée aux voyages dans l’espace, à l’exploration des planètes mais aussi la description des civilisations intergalactiques.

Dès ses origines, le cinéma s’est passionné pour la science-fiction, comme en témoignent Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès d’après Jules Verne ou les films de Segundo de Chomon. Dans les années 20, deux longs métrages vont durablement établir les bases du space opéra cinématographique : le soviétique Aelita de Jacob Protazanov, et La Femme sur la Lune de Fritz Lang tourné en Allemagne. Ces films, diamétralement opposés dans leurs esthétiques, indiquent les deux directions que le genre prendra dans les décennies suivantes : le triomphe de l’imagination et le souci de la véracité scientifique, parfois en avance sur les progrès de la conquête spatiale.

La première voie est celle des « serials » américains (les aventures de Buck Rogers ou Flash Gordon), films à épisodes adaptés de bandes dessinées dont l’influence perdurera dans les années 60 et les années 70, avec le succès triomphal de La Guerre des étoiles de Georges Lucas. Après-guerre, le space opéra américain se charge souvent d’une évidente propagande impérialiste, d’une confiance aveugle dans le progrès (La Conquête de l’espace, Robinson Crusoé sur Mars) et parfois d’un message humaniste et pacifiste, comme dans Les Survivants de l’infini. Au milieu de nombreuses séries B, quelques rares films bénéficient de budgets importants comme Planète interdite et surtout 2001: l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.

Dans les années 80, la banalisation et le perfectionnement des effets spéciaux, contemporains du rajeunissement des spectateurs de cinéma transforment la science-fiction en général et le space opéra en particulier en valeur sûre pour les studios américains, sans que les scénarios ne s’affranchissent d’une certaine naïveté inhérente au genre. À de rares occasions, le space opéra atteindra l’âge adulte. Silent Running de Douglas Trumbull, Outland de Peter Hyams, Alien, le huitième passager de Ridley Scott, Aliens, le retour de James Cameron ou Starship Troopers de Paul Verhoeven parviennent à combiner une certaine fascination pour la technologie et le spectacle avec des préoccupations critiques ou politiques. Certains grands cinéastes signeront des incursions spatiales très marginales, voire anecdotiques malgré leur éventuelle réussite, dans leur œuvre : Stanley Donen avec Saturn 3, Robert Wise avec Star Trek : le film, Brian De Palma avec Mission to Mars.

Source: arte.tv



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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Ven 17 Juil - 10:19

Revoir Planète interdite cinquante ans après sa sortie ? Les « fans » de science-fiction très attachés à l’œuvre répèteront qu’elle est « à voir absolument ». Un spectateur moins enthousiaste, mais ouvert à la connaissance des œuvres de référence, trouvera avec ce film l’une des sources à laquelle ont puisé nombre de réalisateurs du genre.

En effet, quand le cinéma d’aujourd’hui ne cesse d’avouer sa dette envers celui d’hier, revoir Planète interdite c’est ainsi pouvoir comprendre Mars Attacks ! de Tim Burton en le situant en regard de l’un des films les plus populaires de l’histoire de la science-fiction au cinéma. Retrouver le film de Fred McLeod Wilcox est aussi une plongée dans le passé d’un futur tel qu’il était « imaginé » sur les écrans au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

La musique du film et les effets sonores, créés par les époux Louis et Bebe Barron, forment ce qui est considéré comme la première bande originale de film n'utilisant que des sources électroniques.

En s'inspirant de procédés décrits dans le livre Cybernetics: Or, Control and Communication in the Animal and the Machine de Norbert Wiener (1948), Louis Barron a construit des appareils électroniques produisant les sons étranges entendus dans le film4. La plupart des sons du film ont été réalisés avec un ring Modulator, auxquels d'autres effets (réverbération, delay…) sont ajoutés. Certains sons sont parfois ralentis ou accélérés, ou passés à l'envers.

Le film permit à la musique électronique de toucher le grand public et l'impact sur le développement de cette musique aux États-Unis fut important.



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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Ven 17 Juil - 13:35

Tourné en 1955, Planète interdite est l’avant-dernier des dix films d’un cinéaste peu connu, Fred M. Wilcox (1905-1964). Si le qualificatif d’œuvre de la maturité peut-être discuté, il n’en est pas moins vrai que ce réalisateur américain n’avait guère offert auparavant que des films passables. Certes, les cynophiles inconditionnels de Lassie avaient connu le bonheur d’une véritable trilogie cinématographique avec La Fidèle Lassie (Lassie Come Home) en 1943, Le Courage de Lassie (The Courage of Lassie) en 1946 et, enfin, Le Maître de Lassie (Hills of Home) en 1948.

Mais les autres œuvres de Wilcox, artisan honnête et régulier de films en tout genre à Hollywood, si elles ont su satisfaire un public en leur temps, n’ont pas ensuite trouvé une place mémorable dans l’histoire du cinéma ainsi qu’en témoigne une liste de longs-métrages que la postérité, sauf Planète interdite (Forbidden Planet), n’a pas retenue. Après Cupidon mène la danse (Three Daring Daughters) sorti en 1948, The Secret Garden l’année suivante, puis Shadow in the Sky en 1951, L’Auto sanglante (Code Two) en 1953, L’Homme d’acier (Tennessee Champ) en 1954, la carrière de Wilcox s’est ainsi achevée en 1960 avec Passed for White sans rien avoir à offrir de mesurable à l’échelle de l’art cinématographique.

Reste donc Planète interdite (Forbidden Planet) dans le genre science-fiction. Si une attention pour elle est méritée, c’est d’abord par ses ambitions. La première d’entre elles est hautement revendiquée dans le générique avec la mention de l’usage du cinémascope. Aux heures d’un cinéma sûr de son succès populaire, l’usage de cette technique était autant un souci de satisfaire le public avec d’immenses images en couleurs qu’un pari coûteux pour le producteur Nicholas Nayfack. Film à gros budget donc, Planète interdite propose ainsi à ses contemporains des images jamais vues, avec des effets spéciaux inégalés jusqu’alors. Réglés par Arnold Gillespie, ils ont bénéficié du concours technique des studios Disney.

Si l’esthétique est à débattre, avec la photographie de George J. Folsey, dans les décors de Irvin Block et Mentor C. Huebner, avec des costumes de Walter Plunkett pour les acteurs et d’Helen Rose pour la seule actrice du film, Anne Francis, la musique composée par Bebe et Louis Barron donne plus encore à l’ensemble sa note résolument originale. Un demi-siècle après, si toute cette avant-garde a vieilli, tant ont été vus ensuite de semblables tenues, pseudo-matériels et décors de studio, il n’en reste pas moins que jamais une musique toute entière électronique n’avait accompagné de bout en bout un long-métrage. Très présente, elle contribue à l’atmosphère inquiétante que veut entretenir le film. Sans doute les scénaristes n’avaient-ils pas d’autre ambition.

La B.O de : Planète interdite - Louis & Bebe Barron

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Le cinéma a permis à la musique électronique de toucher un grand nombre de personnes. Récemment, nous retenons surtout des films comme Drive (Kavinsky) , Irréversible (Thomas Bangalter) et même Gone Girl (Trent Reznor et Atticus Ross) dont les B.O se sont imposées comme des oeuvres à part entière. Mais si nous nous intéressons uniquement au genre de la science-fiction, nous découvrons qu'il s'agit du berceau de la musique électronique au cinéma. Pour cause, les robots, aliens et les planètes futuristes amènent inévitablement à s’entourer de sons produits par des machines électroniques.

La B.O de la semaine est un véritable monument de la musique électronique au cinéma. Considérée comme la première à n’utiliser que des ressources électroniques, le motif SF y est accompagné par une musique plutôt étonnante pour l’époque. Planète Interdite (Fordidden Planet) de Fred McLeod Wilcox est un film sorti en 1956 et dont la musique a été confiée à Louis et Bebe Barron, un couple d’ingénieurs originaire du Minnesota. Ils ont approchés David Shary, le producteur exécutif du film, lors d’un vernissage de sa femme et ce dernier a aussitôt décidé de les embaucher pour créer la musique du film qui était alors à l'étape de post-production.

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Pour créer la musique de Planète Interdite, Louis Barron a construit ses propres machines en s’inspirant de l’ouvrage Cybernetics: Or, Control and Communication in the Animal and the Machine de Norbert Wiener. Les sons ont pour la plupart été composés à partir d'un modulateur à anneaux et le couple les arrangeaient ensuite pour les ralentir, les accélérer et parfois même inverser le sens initial de lecture.

Petite anecdote pour ceux qui se demandent pourquoi une telle B.O n'a jamais reçu aucun prix: le couple a été crédité pour la tonalité électronique du film au lieu d’être crédité pour la composition musicale. A cause de cela, ils n’ont pas pu être nominés pour un Academy Award. Par la suite, couple a poursuivi le studio en justice pour obtenir le crédit approprié mais ils n’ont pas gagné le procès.


Source: Critikat & Dsugi Magazine



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Roswell-1947
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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Ven 17 Juil - 13:50

Planète interdite (Forbidden Planet)
Bande Originale du film


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Tracklist Forbidden Planet

01 - Main Titles (Overture)
02 - Deceleration
03 - Once Around Altair
04 - The Landing
05 - Flurry Of Dust – A Robot Approaches
06 - A Shangri-La In The Desert / Garden With Cuddly Tiger
07 - Graveyard – A Night With Two Moons
08 - "Robby, Make Me A Gown"
09 - An Invisible Monster Approaches
10 - Robby Arranges Flowers, Zaps Monkey
11 - Love At The Swimming Hole
12 - Morbius' Study

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13 - Ancient Krell Music
14 - The Mind Booster – Creation Of Matter Krell
15 - Shuttle Ride And Power Station
16 - Giant Footprints In The Sand
17 - "Nothing Like This Claw
18 - Found In Nature!"
19 - Robby, The Cook, And 60 Gallons Of Booze
20 - Battle With The Invisible Monster " Come Back To Earth With Me"
21 - The Monster Pursues – Morbius Is Overcome
22 - The Homecoming
23 - Overture (Reprise) [this track recorded at Royce Hall, UCLA, 1964]



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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Ven 17 Juil - 13:58

Louis & Bebe Baron - Love at the Swimming Hole



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Gort
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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Sam 18 Juil - 8:45

Pour aller encore plus loin dans cette analyse, il faut préciser qu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quand la science-fiction, toujours en quête de légitimité, cherchait à s’imposer, Bebe et Louis Barron choisirent de donner au film les caractéristiques d’une fable plutôt philosophique en puisant à la source des grands classiques. C’est ainsi que Shakespeare, avec The Tempest (La Tempête) fut transposé, sinon adapté, par les scénaristes Alan J. Adler, Cyril Hume et Irving Block. Que dire du résultat auquel sont associés les acteurs Walter Pidgeon (Dr Morbius), Leslie Nielsen (le commandant Adams), Warren Stevens (Ostrow) et l’unique actrice, Anne Francis (Altaira Morbius) ?

Dans The Tempest, Shakespeare évoquait l’exil du duc Prospero avec sa fille Miranda dans une île mystérieuse. Fort de son savoir et de son expérience, devenu une sorte de mage, il est parvenu à dominer Caliban, un monstre qui avait tenté de lui enlever sa fille. Allié d’un meilleur génie, Ariel, qui déclenche une tempête dans laquelle est pris un navire, Prospero doit finalement s’accommoder de l’amour de l’un des naufragés, Ferdinand, pour sa fille. Au commencement de Planète interdite, avec le vol d’une soucoupe au milieu des astres, la voix-off explique la situation des habitants de la Terre en 2200 après Jésus-Christ. Le spectateur assiste à la navigation d’un vaisseau militaire chargé de retrouver sur la planète Altaïr IV les éventuels survivants d’une expédition scientifique, disparue il y a près de vingt ans. Devant le spectacle offert, le commandant du vaisseau s’extasie : « Le Seigneur fait des mondes d’une beauté surprenante. » En regard de l’admiration romantique du haut-gradé, la réaction du cuisinier de l’équipage est plus prosaïque. Encore « un de ces foutus nouveaux mondes sans pinard, sans femme, sans bistrot ». Il va donc ainsi au XXIe siècle ; même dans un monde de haute technologie, la soldatesque n’espère dans chaque port que boisson et femmes. C’est d’ailleurs peut-être pour se protéger d’éventuels soudards que le docteur Morbius, entendu d’abord par radio, enjoint l’équipage de rebrousser chemin.

Il ne peut en être ainsi pour le commandant soucieux de sa mission. Le vaisseau atterrit donc sur la « planète de type terrestre » que répertorient les « anciennes cartes » que possèdent les navigateurs modernes. Les découvertes ne leur manquent pas. Un humain vit sur cette étrange planète. Le docteur Morbius, savant philologue, jadis marié par le commandant de l’expédition avec l’une des scientifiques de la mission, habite une demeure des plus modernes dans laquelle règne, en majordome prévenant, le gentil et très sophistiqué robot Robby. À ses hôtes qu’il a d’abord effrayé, le docteur montre un robot par lui créé pour ne jamais nuire à un humain.

Au terme de leur repas préparés dans les règles de l’art culinaire technologique, les invités sont encore priés de quitter Altaïr IV lorsque apparaît la belle Altaira, la fille de l’hôte de maison, de laquelle tous trois tombent sous le charme. Forte de cette « adaptation » de Shakespeare, Planète interdite se prolonge avec le récit par le docteur de ce qui fut l’histoire d’Altaïr IV. Ses précédents habitants, les Krells, parvenus à un extraordinaire stade de développement technologique, ont disparu en une seule nuit. Malgré plusieurs milliers d’années écoulées – 2000 siècles ! –, l’héritage de leur technologie capable de se renouveler de façon autonome est intact.


Source: Le passé du futur,
par Philippe Rocher
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Yautja
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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Dim 19 Juil - 2:55

Passionnant sujet qu'est ce superbe film classique de science-fiction des années 50 ! Dans la continuité de cette analyse il faut comprendre et admettre que très vite, le spectateur de Planète interdite, s’il peut avoir de la peine à succomber au rythme lent d’un film aux effets spéciaux désuets, saisit la métaphore. L’humour, quoique non absent, n’est pas fréquent. Le film, en effet, est de tonalité plutôt grave. Chaque scène apporte son lot de symboles dans un récit au suspens un peu convenu. Le commandant est amoureux, et jaloux, de la belle Altaira, dont l’innocence a été trompée par le séducteur lieutenant. La fille du docteur est la bonté même. Amie des daims, elle sait aussi amadouer un tigre féroce que le commandant doit cependant tuer car il menace leur amour. De son côté, le docteur évoque une terrible force destructrice, « qui ne peut naître que des rêves », et dévoile peu à peu les richesses et leurs dangers des Krells, « une race presque divine », qui est à l’origine d’une sorte de complexe industriel aux dimensions gigantesques : 7800 étages, deux couloirs de 30 kilomètres chacun, 9900 réacteurs nucléaires. Derrière ce qui pourrait nourrir un optimisme technologique béat, le docteur révèle peu à peu les effets dévastateurs de l’orgueil des Krells sur leur propre civilisation.

Dix années après l’apocalypse nucléaire d’Hiroshima et de Nagasaki, Planète interdite renouvelle ainsi l’avertissement de Paul Valéry au lendemain de la Première Guerre mondiale : « Nous autres, civilisations, savons maintenant que nous sommes mortelles. » Une décennie après la folie des totalitarismes et de leurs chefs, le vaisseau des « Planètes unies » peut bien évoquer la toute récente ONU. Il n’en demeure pas moins que dans le contexte de la « guerre froide », avec sa crainte d’une troisième guerre mondiale, cette nostalgie d’un passé brillant anéanti par la folie de ses contemporains qui ont voulu s’élever au rang de dieux s’achève avec une méditation anthropologique et philosophique. Quelles que soient les intentions des hommes, il existe toujours en chacun une part d’ombre, un consentement au Mal ; sans cesse à débusquer, selon les termes de la psychanalyse qui s’affirme alors, jusque dans l’inconscient de chaque être. Le docteur Morbius décédé, le commandant contemple de son vaisseau la « planète interdite » et clôt l’aventure d’une phrase sentencieuse : « Puisse-t-il nous rappeler que jamais la science ne fera de nous des dieux. »


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MessageSujet: Re: Planète interdite (1956 ) Fred McLeod Wilcox   Dim 19 Juil - 4:24

En conclusion : La Terre et ses habitants seront-ils instruits par « l’expérience » décrite dans Planète interdite et éviteront-ils une erreur fatale ? Une fois débarrassé de ses gadgets, soucoupe volante, Robby le robot et autres désintégrateurs, le film de Fred McLeod Wilcox sert un scénario dans lequel le passé du futur penche vers un certain pessimisme. Succès populaire, mais aussi source d’inspiration ou au moins œuvre à partir de laquelle d’autres cinéastes ont eu à se situer, Planète interdite, malgré ses nombreux défauts, a irradié vers des chefs d’œuvre comme 2001, l’odyssée de l’espace (2001, A Space Odyssey) de Stanley Kubrick ou Solaris d’Andreî Tarkovski. C’est là, au moins, le mérite de cette pièce importante dans la préhistoire de la science-fiction cinématographique moderne. Tant il semble vrai pour elle, selon le mot de Schubert, que « le malheur est l’unique stimulant qui nous reste ».

Propos de Philippe Rocher  
Le passé du futur-Critikat.com



Fred M. Wilcox est d'abord assistant-réalisateur de 1929 (débutant sur Hallelujah ! de King Vidor) à 1934, avant de passer à la réalisation en 1938 sur deux films (pour l'un, il est réalisateur de seconde équipe ; l'autre est un court métrage). Il réalise ensuite dix longs métrages entre 1943 et 1960, étant également scénariste et producteur de son dernier.

Il est surtout connu pour avoir réalisé trois films de la série cinématographique consacrée à la chienne Lassie comme : Le Courage de Lassie en 1946, avec Elizabeth Taylor et Frank Morgan, ainsi que le grand classique de la science-fiction Planète interdite de 1956, avec Leslie Nielsen et Anne Francis.

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Fred M. Wilcox est le frère de l'actrice Ruth Selwyn (1905-1954), née Ruth Wilcox, épouse du réalisateur Edgar Selwyn.



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