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 The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise

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The Shadow
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MessageSujet: Re: The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise   Dim 21 Déc - 10:37

L'enregistrement de la sombre musique du film et de quelques images du tournage
de "LE JOUR OU LA TERRE S'ARRÊTA" (1951) Robert Wise.





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MessageSujet: Re: The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise   Dim 11 Jan - 4:39

LE JOUR OU LA TERRE S'ARRÊTA
Bernard Herrmann et l’innovation sonore


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LA MUSIQUE DU FILM

The Day The Earth Stood Still (Le Jour où la Terre s’arrêta, 1951) de Robert Wise est l’occasion pour Bernard Herrmann de renouer avec la science-fiction, un genre qu’il auparavant abordé dans le cadre des dramatiques radiophoniques de CBS aux côtés d’Orson Welles et, notamment, lors de la célèbre mise en onde de “The War of The Worlds” / “La Guerre des Mondes” d’H.G. Wells en 1938, projetant une simple fiction radiophonique au rang de scandale national.

Après le succès de Citizen Kane (Citizen Kane, 1940) et après avoir été nommé deux fois pour l’Oscar de la meilleure musique, la renommée de Bernard Herrmann n’est plus à faire. Alfred Newman, le directeur musical de la 20th Century-Fox avec qui il est lié d’amitié, lui offre les crédits nécessaires pour réunir une formation instrumentale à la hauteur de ses ambitions. Quant à Robert Wise, qui a déjà travaillé à ses côtés en tant que monteur sur Citizen Kane et The Magnificent Ambersons (La Splendeur des Amberson Orson Welles,1942), il sait que Bernard Herrmann est le compositeur idéal pour son premier grand film de science-fiction, Le Jour où la Terre s’arrêta.

Le maître mot de cette entreprise musicale repose avant tout sur l’expérimentation sonore tous azimut : tant sur un plan orchestral - réunissant un dispositif instrumental inédit - que sur un plan sonore où Bernard Herrmann déborde du strict cadre où se trouve généralement cantonné le compositeur pour envisager un impressionnant travail sur le son et les bruitages aux côtés des monteurs son Harry M. Leonard et Arthur Von Kirbach. Alors qu’à cette époque les compositeurs interviennent généralement à la fin d’une production, lui, à l’inverse, depuis le début de sa collaboration avec Orson Welles, s’implique dès l’écriture d’un projet et sait imposer une autonomie musicale totale.

La grande innovation de la partition repose, entre autres, sur l’emploi du theremin, un instrument insolite et “révolutionnaire” inventé en 1921 par le physicien et violoncelliste soviétique Lev Sergueievitch Termen, à partir d’un appareil radioélectrique muni d’un générateur produisant des signaux sonores d’une certaine hauteur, avec un certain timbre, une intensité et une durée. Le theremin fonctionne à partir d’une fréquence constante modulée par le mouvement des mains de l’exécutant devant les électrodes dont l’instrument est pourvu ; la première contrôlant la hauteur tandis que la seconde agit sur la dynamique. En déplaçant ses mains dans l’air, le musicien semble produire “des sons du vide” d’où les noms employés à l’époque pour qualifier le theremin : “voix de l’éther”, “musique de l’air”, “musique des sphères”, “musique de l’ailleurs”.

Le theremin a marqué son entrée d’une manière démonstrative au cinéma dès l’époque muette. Tout d’abord, dans le premier film de science-fiction soviétique, Aelita (1924) de Yakov Protozanov (d’après un texte de Tolstoï) et dont la partition ne comprend pas moins de trois appareils. Par la suite, Dimitri Chostakovitch a incorporé lui aussi la sonorité singulière du theremin dans Odna (1930), premier film sonore russe de Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg avant d’envahir le cinéma fantastique et la science-fiction aux États-Unis.

L’essor de cet instrument sur le territoire américain s’explique du fait que Léon Termen a été ensuite envoyé par Lénine hors d’Union Soviétique en tant qu’émissaire et propagandiste d’une URSS à la pointe de la technologie, tout d’abord dans les capitales européennes, puis en Amérique où il s’est établit définitivement en 1927. Deux ans plus tard, à New York, impressionnée par les présentations de l’instrument, la firme RCA décidera de produire le theremin à une échelle commerciale afin de doter les foyers américains d’un nouvel instrument de musique moderne. Le timbre si particulier de ce dernier, rebaptisé pour l’occasion Theremin Vox, suscitera immédiatement l’engouement des compositeurs hollywoodiens dans nombre de productions cinématographiques à partir des années 30.

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Un des premiers grands films de science-fiction. Klaatu rend parfaitement à l’humanité son image ambiguë, utopiste de la bonté humaine.

Bernard Herrmann n’est pas en effet le premier à s’être intéresser à cette nouvelle lutherie. De nombreux compositeurs de musiques de films ont déjà mis à profit cet instrument dans un contexte souvent lié à l’univers fantastique et de la science-fiction, mais aussi pour souligner directement dans certains scénarios un environnement technologique avancé. Le fonctionnement même de l’instrument, qui s’effectue sans aucun contact entre l’appareil et l’instrumentiste, a très certainement suffi à lui forger une solide réputation d’instrument insolite. Provenant d’Union Soviétique, son origine a très probablement conforté l’idée d’un instrument de “l’ailleurs”, non seulement de par sa sonorité “extraordinaire”, mais aussi en raison de sa provenance géographique. La modernité de sa facture, à partir de l’électricité, l’a très souvent associé à des scénarios où évoluent des extraterrestres dotés d’équipements technologiques surdéveloppés. Une translation directe s’opère alors entre le contexte d’émergence de l’instrument, issu des dernières avancées technologiques en matière de production sonore et les scénarios où se mêlent des éléments propres à l’univers de la science-fiction.

Avant que Bernard Herrmann ne s’en empare dans Le Jour où la Terre s’arrêta, le theremin a été souvent sollicité à Hollywood. C’est dans cette optique, par exemple, que Franz Waxman a composé pour James Whale une musique à base de theremin afin de compléter le fabuleux décor du laboratoire du docteur Frankenstein et de s’additionner aux bruits terrifiants de son équipement scientifique dans The Bride of Frankenstein (La Fiancée de Frankenstein, 1935). Comme le disait l’auteur de la partition, “c’était un film d’horreur qui demandait une musique d’une obsédante étrangeté, mystérieuse et différente”.

Cette apparition du theremin fut remarquée et ce nouvel appareil a alors progressivement bénéficié d’une solide réputation d’instrument capable de traduire des éléments surnaturels, voire inquiétants. On le retrouvera ensuite dans la partition de Miklós Rózsa pour Spellbound (La Maison du Docteur Edwards, 1945) d’Alfred Hitchcock ou encore dans The Lost Week-end (Le Poison, 1945) de Billy Wilder du même compositeur. Un an avant Le Jour où la Terre s’arrêta, le theremin sera également mis à profit dans un autre film de science-fiction à l’occasion de Rocketship X-M (Vingt-quatre heures chez les Martiens, 1950) de Kurt Neumann sur une musique de Ferde Grofé Sr et la même année que Bernard Herrmann, Dimitri Tiomkin l’emploiera lui aussi dans The Thing From Another World (La Chose d’un autre monde, 1951) de Christian Nyby pour figurer également l’univers technologique, la présence et la menace extraterrestre grandissante.
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MessageSujet: Re: The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise   Dim 11 Jan - 11:17

Pour reprendre cette analyse, dans les années 50, Le Jour où la Terre s’arrêta voit le jour dans le contexte de l’impitoyable “chasse aux sorcières” qui sévit aux Etats-Unis contre les communistes. La métaphore de l’invasion martienne en tant que “péril rouge” devient alors l’un des thèmes de prédilection du cinéma de science-fiction des fifties.

Ce contexte ne semble toutefois pas avoir empêché l’utilisation du theremin, appareil encouragé, comme nous l’avons dit, par la politique de Lénine dans le cadre du développement de l’Union soviétique, un instrument qui plus est inventé par un Russe présent depuis de nombreuses années sur le territoire américain en tant qu’émissaire de la propagande soviétique. Si le monde du cinéma est sévèrement touché par ce mouvement anti-communiste, en dehors d’Elmer Bernstein, la musique semble, quant à elle, hors du joug des maccarthystes.

Le Jour où la terre s’arrêta a été conçu en 1951 dans le contexte de la guerre froide, la crainte de l’envahisseur communiste et la grande peur dissuasive de l’arme nucléaire. Le scénario mêle ainsi plusieurs éléments : l’arrivée d’une soucoupe volante sur terre, la mise en garde pacifique de l’extraterrestre, Klaatu, venu non seulement prévenir l’humanité contre les dangers de l’arme atomique sur fond de bons sentiments anti-militaristes, mais aussi avertir les terriens qu’avec la bombe, l’équilibre de l’univers est en péril, que les hommes font figure d’enfants jouant avec des allumettes, etc.

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Le Jour où la Terre s’arrêta a constitué dans les années 50, l’une des plus belles intégrations musicales mêlant des instruments symphoniques presque “traditionnels” à ceux de la nouvelle lutherie électronique. En effet, jamais musique de film n’avait déployé auparavant pareille instrumentation mis à part peut être l’immense formation réunie par George Antheil pour Le Ballet mécanique (1924) de Fernand Léger et Dudley Murphy. L’orchestre symphonique que Bernard Herrmann a imaginé offre des sonorités et des atmosphères totalement inouïes dans une partition cinématographique et même une partition tout court : Quatre pianos, quatre harpes, une trentaine de cuivres, un ensemble à corde traditionnel, un vibraphone, un orgue à tuyau pour la formation instrumentale de base, une formation rehaussée par des instruments de la nouvelle lutherie électronique créant des timbres tout à fait nouveaux et collant avec le caractère science-fictionnel et futuriste du film.

Soit un violon et une basse électrique, instruments tout juste inventés, et surtout deux theremins, un ténor et un alto, employés en tant qu’instruments solistes. L’intégration de ces appareils à l’orchestre ne s’est d’ailleurs pas fait sans difficultés. Les séances d’enregistrement de la musique seront marquées par les problèmes de justesse liés à son utilisation “approximative”, à savoir le déplacement dans l’air des mains de l’exécutant : ce qui occasionnera les colères de Bernard Herrmann à l’encontre du soliste Samuel Hoffman.

Dès les premières images du film, montrant les confins sidéraux en surimpression avec les noms du générique, Bernard Herrmann donne à entendre un son qui frappe d’emblée l’auditeur, un glissando de theremin qui traverse le spectre sonore de l’aigu vers le grave, sorte de cri déchirant qui figure à la fois l’atterrissage de la soucoupe volante et l’arrivée sur terre d’une nouvelle technologie. Baptisé “Outer Space”, le thème principal repose sur le développement grandiloquent de deux accords d’orgue en tension détente surélevé par une mélodie de theremin. En arrière plan, un tapis sonore irréel, interprétés à la harpe et au vibraphone, est rythmiquement décomposé par des arpèges en boucles venant se greffer sur les changements harmoniques dans une sorte de “miroitement sonore” impalpable. À elle seule, la musique évoque toute la puissance et l’étrangeté de cette civilisation extraterrestre.

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Malgré ce déploiement instrumental hors norme, la partition est caractérisée par un “minimalisme” ambiant qui ménage les instants de suspense et d’attente du scénario. Cette tendance met en relief le penchant naturel de Bernard Herrmann pour la tension détente, si caractéristique de son écriture musicale dont on retrouve les traces jusque dans sa dernière partition Taxi Driver (1975) de Martin Scorsese. Dans Le Jour où la Terre s’arrêta, cette tendance est déjà présente sous la forme répétée d’accords majeurs mineurs, joués aux cuivres ‘crescendo decrescendo’, surgissant et disparaissant afin de matérialiser par le son un suspense et figurer, presque inconsciemment pour l’auditeur, la menace qui sans cesse gronde et disparaît.

Durant la longue séquence qui précède la descente de Klaatu de son vaisseau spatial, la construction répétitive du thème principal cède la place à un autre motif itératif, cette fois-ci dans un tempo presque arrêté, où se répondent en alternance le grondement grave d’une pédale d’orgue et une touche aigüe de theremin. Herrmann a convoqué ici les extrémités du spectre sonore telle une proposition musicale symbolique capable de représenter la notion réductrice et non assignable du bien et du mal qui irrigue tout le scénario. On retrouve également cette même idée dans de nombreuses scènes telles la coupure d’électricité, la résurrection, etc.



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Ronald
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MessageSujet: Re: The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise   Sam 31 Jan - 6:46

Trouvé le Blu-ray à 5 Euros !!! Et en plus on a droit à une foule de bonus très intéressants, donc notamment: un sujet sur la musique du film et le thérémine et un reportage sur l'histoire des soucoupes volantes en HD Very Happy
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MessageSujet: Re: The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise   Sam 31 Jan - 10:40

Ronald a écrit:
Trouvé le Blu-ray à 5 Euros !!! Et en plus on a droit à une foule de bonus très intéressants, donc notamment: un sujet sur la musique du film et le thérémine et un reportage sur l'histoire des soucoupes volantes en HD Very Happy

Bonsoir Ronald ! Et où cela s'il te plait ? voilà une info qui m'intéresse !!! bounce


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MessageSujet: Re: The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise   Sam 31 Jan - 15:26

Oui Ron, cela m'intéresse aussi, il faut dire que ce genre de film en DVD et Blu-Ray ne reste pas bien longtemps dans les bacs, j'ai bien évidemment ce film en DVD et même sur VHS, mais le Blu-Ray reste également une valeur sûr !

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Adapté d’une nouvelle d’Harry Bates, Le Jour où la Terre s’arrêta a marqué les esprits à sa sortie comme une des premières œuvres de science-fiction réaliste, passionnante et profonde. Le film s’inscrit en pleine guerre froide où régnait la peur d’une guerre nucléaire, en délivrant un message éthique, pacifique et antimilitariste, porté par un extra-terrestre au symbolisme christique. Tourné en studio et dans les rues de Washington, il est magistralement réalisé (avec de superbes jeux d’ombres) et idéalement rythmé. Il montre très bien, de manière quasi-documentaire, la panique de la population mondiale face à l’arrivée d’une soucoupe volante – allant jusqu’à engageant de véritables présentateurs pour tourner les scènes de journaux télévisés !

La musique de Bernard Herrmann (compositeur majeur d’Hitchcock, Scorsese, Welles, Truffaut, De Palma, etc.) contribue à l’aura du film, son utilisation inédite du thérémine donnant une impression de menace extra-terrestre est depuis devenu un cliché de la science-fiction old-school. La phrase extra-terrestre du film, « Klaatu barado nikto », s’est retrouvée gravée dans la pop culture : elle donne son nom à des personnages de Star Wars, tandis qu’elle est réutilisée avec humour dans Evil Dead 3 pour invoquer l’armée des ténèbres. Le Jour où la Terre s’arrêta est un des grands classiques de la science-fiction, copié par beaucoup (Les Soucoupes volantes attaquent), cité (Rocky Horror Picture Show, Tron), parodié (l’ex-Beatles Ringo Starr pose avec le costume de Klaatu devant la soucoupe volante et le robot sur la pochette de son quatrième album solo, Goodnight Vienna), mais égalé par peu (et sûrement pas par son insipide remake de 2008 avec Keanu Reeves).

Concordant miraculeusement avec la sortie sur les écrans du monde entier de son remake, Le Jour où la terre s'arrêta de Robert Wise s'offre une splendide réédition, réservée exclusivement au format Blu-Ray. Pour l'occasion, le film a bénéficié d'une jolie restauration, permettant une redécouverte dans d'excellentes conditions, un habile mixage sonore ainsi qu'une pelletée de nouveaux bonus dévoilant tous les secrets du film. Un achat indispensable pour toute collection Blu-Ray qui se respecte, rendant enfin honneur à l'une des œuvres les plus importantes de l'histoire de la science-fiction, tant pour ses influences, la source d'inspiration qu'elle est devenue, et le bien qu'elle a apporté au genre en l'abordant avec sérieux.

IMAGE

On a vraiment du mal à se décider, quant à savoir si la chose la plus spectaculaire de cette édition est la restauration de l'image ou la qualité de son transfert... On coupera la poire en deux puisque regarder le film de Robert Wise n'a jamais été aussi agréable qu'en Blu-Ray. La technologie du futur, comme l'appellent si bien les commerciaux, offre au Jour où la Terre s'arrêta une restitution d'une incroyable finesse, au piqué restituant avec fidélité le détail de l'image (parfois riche, notamment dans les extérieurs) ainsi que ses nombreuses nuances de gris, habilement contrastées. Et ce, sans jamais trahir la texture du film, argentique et granuleuse, ni s'opposer à une troublante propreté. Un état de visionnage incroyable pour un film qui vouvoie ses 60 ans.

SON

Inviter une timide piste mono d'origine un brin vieillotte sur les pentes vertigineuses du DTS HD Master audio plein débit. Bam ! Un nom qui résonne comme le pas lourd d'un mastodonte menaçant d'écraser à tout moment le fragile écrin original. Sincèrement, nos craintes étaient énormes et, à l'instar de Disney avec son splendide remixage de la piste de La Belle au bois dormant, Fox a effectué un travail non seulement bon, mais surtout respectueux du matériau d'origine. Forcément, ça ne fuse pas dans tous les sens, mais le mixage qui nous est proposé ici lorgne plus du côté d'un ''mono ample'' que d'un bricolage multicanal de bazar. C'est local, prostré, mais limpide. Et pourtant, effets il y a. Rares, certes, pas toujours très démonstratifs, mais ils existent, timidement. L'arrivée de la soucoupe au début du film en reste le meilleur exemple : une démonstration convaincante du contraste avant/arrière enrichissant l'incongruité du récit de manière technique sans trop en faire. La piste française DTS a l'intelligence de ne pas faire de débordement non plus...

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BONUS

En effet, Fox fait les choses bien pour célébrer le retour du Jour où la terre s'arrêta, puisque non content de parsemer son disque de bonus complets et de petites activités interactives amusantes, l'éditeur nous offre sur ce Blu-Ray un menu en surexposition prenant la silhouette de Gort et laissant apparaître les fonctions dans son faisceau laser. Néanmoins, émettons un bémol puisque, étant donné la place dont bénéficie un Blu-Ray, on regrette de ne pas y trouver le documentaire Arrêter la terre. D'une durée d'une heure et demie, ce documentaire déjà proposé sur le précédent DVD collector et qui constituait une rétrospective sympathique du film.

C'est incontestablement le Commentaire audio de Robert Wise, accompagné ici de Nicholas Meyer, qui s'impose comme la pièce maîtresse puisque trois ans après son décès, le réalisateur semble nous livrer une petite leçon de cinéma d'outre-tombe. Un commentaire réalisé il y a quelques années et utilisé sur une précédente édition DVD collector, n'ayant toujours pas perdu de son intérêt. Interrogé par Meyer (à qui l'on doit Star Trek 2), il répond à la plupart des questions que l'on peut se poser.

Qu'il s'agisse de la mise en place complexe du film, de son propos (il n'avait lui-même pas remarqué les concordances christiques) et de l'équilibre entre la mise en scène visuelle et l'apport d'informations délivrées par le scénario. Le Blu-Ray nous offre un autre commentaire audio, un nouveau cette fois-ci, donnant la parole à des historiens, compositeurs et auteurs de livres autour de l'œuvre Bernard Herrmann. Une piste incroyablement informative pour qui s'intéresse à l'orchestration musicale que nécessite un film (et plus particulièrement un film de SF des années 50) et de l'apport de l'électronique dans un milieu jusque là cantonné à du traditionnel...

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Toujours pendant la lecture du film, et pour continuer dans le registre de la musique, il est possible d'écouter la bande originale du film sur une piste DTS 5.1 isolée. Pour rester dans le ludique, un chapitre nommé Le Monde du Thérémine donne accès à trois fonctions. La première, Mystérieux et mélodieux Thérémine (5min48), est un court documentaire donnant la parole au compositeur Peter Pringle et nous expliquant le fonctionnement et la nature de l'étrange instrument qui a fait frissonner de nombreux spectateurs. Un autre module permet de découvrir le même bonhomme exécutant une Interprétation du thème musical du film (2min17).

Enfin, le troisième élément, plus rigolo, est un Thérémine intéractif permettant de composer ses propres notes et de les situer sur une bande musicale afin de créer un morceau à sa guise. Le morceau en question sera d'ailleurs ensuite ajouté à un extrait du film. Enfin, pour ceux qui veulent continuer à faire joujou, Gort Command, jeu interactif permet de dégommer des soldats malveillants, du point de vue du Robot, à l'aide de votre télécommande. C'est tellement rare, dans un jeu, d'être dans la peau d'une machine qui détruit les humains qu'on ne s'en prive pas...

On rentre ensuite un peu plus dans le vif du sujet avec un premier documentaire, simplement baptisé Making of (23min53), qui revient un peu sur les origines du projet. On y évoque l'arrivée sur le projet de Robert Wise, la volonté de ce dernier de changer de genre (et son excellence dans le domaine) ainsi que le souhait global de signer un film de science-fiction qui soit moins crétin que l'image habituellement donnée à ce type de films. Des acteurs ayant pris quelques rides témoignent également et livrent généreusement des anecdotes inédites. Pour poursuivre l'étude de la métaphore dans la science fiction, Décoder Klaatu Barada Nikto (16min14) prend soin d'évoquer les grands thèmes soulevés dans les films du genre, et plus particulièrement Le Jour où la terre s'arrêta.

Enfin, comme l'indique le titre du bonus, on nous apporte enfin des explications sur la mystérieuse phrase employée à deux reprises dans le film. Pour poursuivre le lien existant entre l'univers de la SF et le monde réel, Une brève histoire de soucoupes volantes (34min02) est un excellent documentaire s'intéressant aux nombreuses légendes tournant autour des contacts avec les extra-terrestres. De nombreux témoignages sont relatés, plus ou moins farfelus, analysés et étudiés par divers scientifiques. Par ailleurs, le ton de ce module est suffisamment abordable pour que l'on prenne un vrai plaisir à le suivre.

On passe ensuite aux portraits affiliés au projet. L'étonnant Harry Bates (11min03) s'intéresse à l'auteur de la nouvelle ayant inspiré le film. Ce portrait est composé de divers témoignages, dont celui du principal intéressé, via un vieil enregistrement audio. On notera le phrasé un peu excentrique du personnage qui n'hésite pas à déclarer que le film ne correspond pas à ce qu'il avait voulu faire. Des historiens développeront en tout cas le processus d'adaptation en nous apprenant que l'auteur n'aura touché qu'une très faible somme pour les droits de son histoire. Edmund North : L'homme qui a fait s'arrêter la terre (14min43) s'intéresse au scénariste du film (à qui l'on doit également Patton).

Le parallèle entre les deux, et surtout la reconnaissance à laquelle ils ont eu droit est assez particulier, élevant vite sur un piédestal le milieu hollywoodien. Un module complété par un Court-métrage écrit et produit par Edmund North (26min42), en fait un documentaire se focalisant sur la mauvaise tournure que prenait déjà l'écologie à l'époque, racontée par Burt Lancaster. S'il n'y a clairement plus aucun rapport direct avec le film, on notera néanmoins des similitudes dans les messages d'apaisement racontés par l'auteur.

Pour finir, on aura droit au Fox Movietonews (6min21) de l'époque, journal projeté avant la diffusion du film en salles et qui paradoxalement s'intéressait à des accords de paix. On retrouve aussi des bandes annonces et teasers ainsi qu'une galerie d'affiches.


Source : FilmsActu-test-blu-ray



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MessageSujet: Re: The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise   Dim 13 Nov - 4:02

Étrange personnage que ce Klaatu, extraterrestre qui débarque en plein cœur de Washington. À l'instar de l'armée et de badauds qui se massent autour de la soucoupe, c'est incrédule que nous voyons apparaître cet être anthropomorphe.

Vêtu d'une combinaison à paillettes et accompagné de Gort, un robot serviteur tout aussi kitsch, le curieux parle notre langue et dit venir pour apporter la paix. Dans cette scène inaugurale, la simplicité des costumes n'a d'égal que le caractère rudimentaire des effets spéciaux.

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Lorsqu'un soldat ouvre le feu sur l'arrivant, Gort produit de simples halos de lumières, capables d'anéantir fusils et tanks, donnant là une idée de l'avancée technologique de leur planète sur la nôtre. Pourtant cette puissance de feu ne sera que suggérée durant une grande partie du film. Ces extraterrestres viennent pour nous délivrer un message, l'heure est donc à la discussion.


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MessageSujet: Re: The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise   Dim 13 Nov - 9:01

Film de science fiction-sorti en 1951, Le Jour où la Terre s'arrêta est bien un OVNI dans la production cinématographique de son époque. Alors qu'en pleine « Peur rouge » de nombreux films mettent en scène le danger que représente l'Autre (La Guerre des mondes de Byron Haskin en 1953, ou encore L'Invasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel en 1956), Wise propose une démarche inverse. Le danger y est l'Homme tandis que son voisin de l'espace est pacifique et vient pour le raisonner.

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Klaatu arrive dans un contexte de Guerre froide, et son message est clair : mettre en garde la Terre face à l'usage du nucléaire. Si la Terre développe l'arme atomique, elle menace l'équilibre de l'univers et les planètes voisines n'hésiteront pas un instant à la supprimer. Quel que soit l'intelligence du propos, c'est bien la façon dont Wise nous le présente qui fait la réussite du film.

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« Si vous menacez d'être un danger pour les autres, cette terre qui vous abrite sera réduite en un monceau de cendres. Votre choix est simple, vous joindre à nous et vivre en paix, ou poursuivre votre action néfaste et à jamais disparaître. Votre avenir ne dépend que de vous, nous attendons votre décision ».


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MessageSujet: Re: The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise   Dim 13 Nov - 12:05

Rapidement, Klaatu échappe aux autorités et abandonne son nom pour celui de Carpenter, devenant un Homme parmi tant d'autres. Wise ne filme plus l'extraterrestre mais l'homme incompris, perdu au milieu de ceux qui, en apparence, sont ses semblables.

Son seul réconfort, il le trouve dans son rapport avec certains être humains : en premier Bobby, fils de la famille qui l’héberge, puis sa mère. Pour un temps, la nef astrale gardera ses mystères puisque c'est Washington que nous sillonnerons, suivant les pas du touriste Carpenter. À l'instar du nigaud campé par James Stewart dans Monsieur Smith au Sénat (Frank Capra, 1939), il visite quelques-uns des plus grands monuments de la capitale américaine, fasciné par la grandeur passée de l'Homme.

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C'est dans ce cadre réaliste et avec une grande parcimonie que le cinéaste fait resurgir les aptitudes exceptionnelles de l'extraterrestre. Sa faculté à déverrouiller les portes ou à résoudre les équations mathématiques les plus poussées, sont autant de prouesses suggérant les capacités sans limites de Carpenter. Robert Wise laissant au spectateur le soin d'imaginer l'étendue du pouvoir de cet être-là alors qu'il pourrait être tenté de nous épater et de trop en montrer.

Cette économie visuelle se retrouve dans l'épisode de l'arrêt de la Terre, point culminant du film. Si le monde est divisé et que personne ne semble prêt à écouter ce message venu d'ailleurs, Carpenter décide d'attirer l'attention sur lui en mettant la Terre sur pause. Usines, voitures, locomotives... il stoppe on ne sait comment toute activité terrestre.

L'idée est simple mais très efficace, et ne requerra l'utilisation d’aucuns effets spéciaux. Ce qui explique sans doute que la scène passe complètement à la trappe dans l'éponyme remake écologique du film que réalisa en 2008 Scott Derrickson.


Source ciné: iletaitunefoislecinema.com
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MessageSujet: Re: The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise   Dim 13 Nov - 13:30

Les choix de Wise ont le mérite de ne pas détourner notre regard du propos du film et sa morale humaniste s'en trouve renforcée. Cet alien veut notre bien, y compris quand il fait la démonstration de sa toute-puissance. Quant à la violence, elle est l'apanage de l'Homme, chose que Klaatu va apprendre à ses dépends. Alors que son identité est sur le point d'être révélée, et que même ses premiers alliés se questionnent sur la nature de ses desseins, le final du film met en place un suspense : le messager arrivera-t-il à se faire entendre ? Tué par l'armée, puis ressuscité temporairement (énième image messianique), Klaatu peut enfin s'exprimer :

« Si vous menacez d'être un danger pour les autres, cette terre qui vous abrite sera réduite en un monceau de cendres.
Votre choix est simple, vous joindre à nous et vivre en paix, ou poursuivre votre action néfaste et à jamais disparaître. Votre avenir ne dépend que de vous, nous attendons votre décision ».

Ce final est à l’image de l’œuvre : très pessimiste quant à la nature de l'Homme. C'est bien une fois libéré de toute contrainte humaine, revenu d'entre les morts, que Klaatu sera finalement entendu. On retrouvera cette même résignation quelques années plus tard chez Akira Kurosawa, quand le seul personnage lucide face au péril atomique de Vivre dans la peur (1955) sera diagnostiqué fou et interné en asile psychiatrique.
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MessageSujet: Re: The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise   Lun 14 Nov - 10:57

Aujourd’hui The day the earth stood still reste aussi efficace et son message n’a malheureusement pas vieilli. Démonté par la politique des auteurs, il faudra attendre la fin des années 70 pour que cette œuvre soit enfin reconnue à sa juste valeur. En 1977 George Lucas lui rend hommage en nommant trois des personnages de sa célèbre trilogie Klaatu, Barada, Nikto.

En 1982 le jeune Steven Spielberg visiblement influencé par Wise met en scène un E.T. aux idées bienveillantes. Et en 1993 c’est au tour de Sam Raimi d’utiliser la fameuse tirade « Klaatu barada nikto » dans le script de The army of darkness. Cette reconnaissance de la profession suffit à inscrire Le jour où la terre s’arrêta au panthéon des grandes œuvres de la science fiction et à faire taire la critique de bas étage.
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MessageSujet: Re: The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise   Lun 21 Nov - 4:39

Revu hier sur CINE CLASSIC, ce film de science-fiction de 1951, dû à Robert Wise, est plus actuel que jamais pour les thèmes qu'il aborde. Il a d'ailleurs fait l’objet d’une nouvelle version (avec Keanu Reeves et Jennifer Connolly pour interprètes) en 2008. Continuons l'analyse de l’original de 1951 … et de ce monument classique de la science-fiction des années 50.

Il faut préciser combien Robert Wise influença toute une génération de cinéastes de talent. Que ce soit George Lucas qui dans sa trilogie de La guerre des étoiles (1977) utilise trois des noms de personnages du film de Wise (Klaatu, Baradu et Niko) ; ou Steven Spielberg dont le E. T. (1982) reprend le discours humaniste ; ou encore John Carpenter qui utilise le même schéma narratif avec Starman (1985), et délivre un message identique.

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Le jour où la Terre s’arrêta frappa les esprits, car il utilisait le genre de la science-fiction pour traiter du contexte historique et politique de l’époque. Contexte historique, d’abord, avec la guerre froide entre les Etats-Unis et l’URSS sur fond d’utilisation possible des armes nucléaires. Contexte politique, ensuite, puisque l’Amérique connaît alors la chasse aux sorcières dirigée par le sénateur MacCarthy qui traque tous ceux qui sont soupçonnés d’être communistes ou sympathisants. Or, le film imagine un extra-terrestre, Klaatu, qui atterrit à bord de sa soucoupe et entend convaincre les hommes des dangers de l’utilisation des armes atomiques. Ce message pacifiste est mal perçu par les militaristes en tous genres qui vont s’ingénier à le combattre.

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Le premier intérêt du film est de montrer un extra-terrestre au visage absolument impassible, hermétique à toute émotion, voire indifférent (sinon à la fin du film…) comme s’il incarnait la Raison même, pure et froide, débarrassée de toute affectivité et de l’opposer aux réactions humaines, souvent irrationnelles, toujours entachées de mouvements passionnels (préjugés, méfiance, agressivité, égoïsme, etc.) qui finissent par altérer le jugement. De ce contraste entre Klaatu et les Terriens naît, chez le spectateur, le sentiment que rien ne sera simple pour que les deux parties puissent au moins communiquer, à défaut d’échanger : le film ménage ainsi un suspens d’une rare intensité, d’autant plus qu’il vise à nous faire nous interroger sur nous-même et à remettre en question notre prétendue capacité à dominer nos passions.


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MessageSujet: Re: The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise   Lun 21 Nov - 8:12

Le réalisateur propose un second intérêt qui est de présenter Klaatu comme une sorte d’ « Elu » de l’Univers dont la venue sur la Terre a pour but d’orienter vers le Bien une Humanité incapable d’Amour, de Raison et de Justice, et, surtout, de Sagesse. Bref, le spectateur ne s’empêcher de faire le rapprochement évident avec le Christ et de se demander autre ressort du suspens si le destin de Klaatu sera identique ou si sa mission réussira. Une fois de plus, l’être humain à présent doté de l’arme nucléaire jouera-t-il les apprentis sorciers ou sera-t-il assez raisonnable et tolérant pour ne plus avoir à l’utiliser ?

Ces deux thèmes se combinent, enfin, pour faire de Le Jour où la Terre s’arrêta un film de science-fiction peu ordinaire dans la mesure où il alterne en une combinaison judicieuse les codes du genre (trucages, même peu nombreux, qui dépaysent et font évader le spectateur vers un futur qui est aussi le présent), et un réalisme cru qui fait froid dans le dos et pousse à la réflexion personnelle : sommes-nous capables de raison ? Si le Christ revenait, serait-il de nouveau crucifié ? L’humanité a-t-elle un avenir ?

Si l’on ajoute que la réalisation est à la fois sobre et efficace (à deux reprises dans le film, une succession rapide de plans brefs suffit à montrer l’enchaînement brutal de conséquences dramatiques), on comprend aisément que ce film estimable est à (re)découvrir et à apprécier malgré son grand âge.

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MessageSujet: Re: The Day the Earth Stood Still (1951) Robert Wise   

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